Vers une série de billets sur la transformation digitale de l’enseignement supérieur

J’ai participé ces derniers mois à la conception d’un MOOC consacré avant tout à la question de la conception et à la réutilisation de ressources pédagogiques numérisées, avec une focale sur les ressources externes dans l’enseignement supérieur (externe étant compris comme : conçu par d’autres que vous ou que votre institution). Nous y abordons une grande diversité de sujets, des questions économiques aux questions assez spécifiques de propriété intellectuelle. Le tout a été diffusé dans un Moodle « Hype 13 » et devrait atterrir sur FUN-MOOC à la rentrée. Dans la mesure où une énergie considérable a été consacrée à la mise au point de vidéos et des sous-titres afférents, il me semble pertinent de valoriser cela en partageant le fruit de ce travail avec les lecteurs de ce blog. L’entreprise devrait prendre quelques mois. Vous aurez à la fois la vidéo, et une version retravaillée du texte des sous-titres. Je résume dans les paragraphes qui suivent les thématiques abordées dans la première salve de billets.

Nous allons commencer par parler des questions de gaspillage eu égard à la création de ressources pédagogiques. Donc le cycle classique dans le numérique, c’est : on commence par un appel à projets, on finance des ressources pédagogiques, on les utilise localement. Un enseignant va répondre à l’appel, créer quelques vidéos pédagogiques ou exercices, éventuellement recevoir ses salaires en heures complémentaires. Et en fin de compte, une fois que l’enseignant a changé de cours ou changé d’établissement, le projet est oublié. Souvent, on repart sur des appels à projets, et ainsi de suite. Un cycle infernal de création de ressources sous-utilisées se met en place. C’est une forme de tonneau des Danaïdes, il y a une création perpétuelle de ressources qui se perdent dans les méandres du web, sur telle ou telle plateforme inaccessible, raison pour laquelle mon parti pris est de promouvoir l’Open Education. L’idée est que l’on va mutualiser les ressources de sorte à éviter de redévelopper des contenus qui existent déjà et pour capitaliser sur ce que les autres enseignants ou formateurs ont déjà fait. C’est la raison pour laquelle il me semble de remettre encore et toujours au goût du jour la question des open coursewares, des plateformes de MOOC comme FUN MOOC. Celles-ci permettent en fin de compte d’aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin sur les questions d’hybridation.

Nous entamerons la série de billets par la question, polémique au demeurant, de la rationalisation économique. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Et si l’on se ruine et que l’on dépense des centaines de milliers d’euros pour concevoir des ressources qui seront utilisées par 50 personnes, eh bien quelque part, il y a un problème. Comment éviter de tomber dans ces travers classiques associés au numérique qui, bien loin de massifier les choses parfois, sont des catastrophes budgétaires et économiques ? D’où l’emphase sur les ressources externes, bien moins coûteuses.

Ces thématiques sont indissociables de celles de la propriété intellectuelle. Si vous voulez pouvoir utiliser des ressources venant de l’extérieur, il faut que vous connaissiez les licences, typiquement, les licences Creative Commons, et que vous connaissiez les limites de l’exception pédagogique. Le nombre de points de blocage est malheureusement assez élevé. Il faut savoir ce que vous avez le droit de faire, quels sites vous pouvez utiliser, si vous voulez concevoir. Ensuite, nous embrayons sur l’interopérabilité avec les normes SCORM, car la question de l’échange de contenus est centrale. Tout simplement parce que finalement, quand une plateforme a intégré des quiz, tout un travail a été fait non seulement de conception mais d’intégration dans les plateformes. Pour pouvoir avoir un échange fluide de contenus de plateforme à plateforme, il faut des normes. L’interopérabilité est très importante, si l’on ne veut pas perdre de temps à tout copier quiz par quiz à la main.

Plus loin dans les billets, nous allons discuter des sources de ressources pédagogiques. En d’autres termes, nous analyserons site après site les caractéristiques des ressources « externes » pour mieux comprendre comment est-ce qu’elles peuvent vous être utiles dans votre cours, ou même, si vous voyez plus grand, à l’échelle d’un curriculum. Nous allons ensuite parler des grands classiques de l’enseignement supérieur, avec les universités numériques thématiques, les UNT. On prendra entre autres l’exemple d’Unisciel, qui est l’UNT des sciences et qui va financer la conception de nombreuses ressources dans le champ scientifique et parfois tâcher de mettre, de valoriser en fait les ressources qui sont conçues via leur financement. Nous passerons en revue rapidement les différentes UNT pour arriver ensuite aux MOOC. Au bout du compte, les UNT sont assez peu connues du grand public par rapport aux MOOC. Le grand public connaît essentiellement des plateformes comme Coursera, comme FUN – France Université Numérique. Nous irons jusqu’à l’analyse de contenus, contrastant les situations où l’on a par exemple, une vidéo prise d’un Open Courseware de M.I.T, qui n’a pas été conçu pour des internautes et des vidéos et, à l’inverse, le contenu aura été pensé par des internautes. Nous parlerons à cette occasion de la langue d’enseignement. Selon que les ressources sont en français ou en anglais, la problématique n’est pas du tout la même. Bref, comme vous pouvez le voir, beaucoup de sujets en perspective. J’espère que vous avez de la patience, car il va falloir compter plusieurs mois avant d’avoir fait le tour de tout ce contenu, même à raison de deux ou trois billets part semaine. Alors, accrochez-vous.

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