Nombre de doctorant.es par encadrant.e : suivre l’évolution de la situation grâce à theses.fr

Ces derniers temps, nous avons abordé beaucoup de sujets relatifs au fonctionnement de l’enseignement supérieur via l’exploitation de la base theses.fr. Aujourd’hui, nous allons parler du taux de direction, c’est-à-dire le nombre de doctorant.es sous la supervision d’un.e encadrant.e à un instant donné. Il y a plusieurs façons de procéder, soit avec une fenêtre mobile qui commence au moment de la prise du premier doctorant, soit par périodes (1996-2000, 2001-2005, etc.). Cette dernière approche permet d’avoir une vision plus « historique » de la chose, et c’est celle que nous allons présenter aujourd’hui.

En procédant de la sorte, nous avons pu observer une diminution nette du nombre de doctorant.es présenté.es par période de 5 ans, d’environ 3 sur la période 1984-1989 à environ 1.5 sur la seconde moitié des années 2010. On met dans le même sac des personnes qui en présentent très peu (voire un.e seul.e), et des encadrant.es qui en présentent une tripotée, d’où les écarts-types très importants (mais qui ne masquent pas une tendance de fond). D’où le graphique qui suit, où j’ai fait le distinguo entre ceux qui ne présentent qu’un seul doctorant par période de cinq ans (bleu turquoise), et ceux qui en présentent plus d’un (en rouge). Alors que les premiers étaient minoritaires dans les années 1980, ils semblent majoritaires. Evidemment, il peut y avoir des éléments qui faussent un peu la mesure, comme des soucis de traçage des individus (changement de nom, etc.), dans la mesure où les identifiants auteur (des ID chiffrés) n’ont pas pu être utilisés. Mais je pense que nous sommes parvenus à capturer malgré tout une tendance de fond.

 

Nous nous sommes enfin amusés à regarder les différences entre disciplines, en agrégeant sur les différentes périodes de 5 ans pour avoir des écarts types, et avons obtenu la figure suivante. Le Droit est en tête en matière de doctorants présentés, et les Sciences de la Terre présentent le moins de doctorant.es. Cela vous parle, cela correspond à des choses que vous avez ressenti ? J’ai hésité à utiliser le genre aussi comme variable mais je crois que c’est passé à la trappe dans les analyses, et c’est de toute façon un peu confondu avec la discipline, donc cela pose des problèmes d’interprétation. Ce n’est qu’un début, il faudrait creuser sérieusement et faire une batterie de tests statistiques pour confirmer ces premiers résultats, mais je pense que l’on tient quelque chose.

PS : A noter que l’on se focalise ici sur les seules thèses soutenues. Tous ceux qui entament leurs thèses et l’abandonnent passent sous les radars de cette analyse.

PPS : la cosupervision est négligée à ce stade, alors que coencadrer un doctorant, ce n’est pas la même chose qu’en encadrer un tout seul, y compris dans les décomptes officiels qui sont fait dans les établissements pour déterminer la limite du nombre d’étudiant.es que peut accepter un.e encadrant.e. Cette prise en compte est au programme des prochaines analyses. C’est d’autant plus important que la cosupervision a explosé ces dernières années.

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