Digitalisation des cursus : quels indicateurs ?

Dans ce billet, je vous propose de réfléchir aux méthodes de mesure de l’investissement des enseignants ou formateurs dans la digitalisation de leurs cours. L’on peut mesurer la quantité de ressources postées sur une plateforme par un enseignant ou un ingénieur pédagogique, ou tout autre acteur responsable de ce type de travail d’ailleurs, et ce à différentes échelles temporelles ou spatiales.

Quand l’on veut pérenniser des politiques de transformation digitale dans un établissement,  on peut rémunérer les enseignant.es à la hauteur de leur investissement, et tâcher de ne pas créer des inégalités trop importantes dans la manière de rémunérer celles et ceux qui s’engagent dans une dynamique d’innovation pédagogique. Deux individus pourront déclarer avoir produit un nombre équivalent de vidéos, disons une douzaine, mais cela recouvrera un investissement très différent d’un cas à l’autre selon la nature et la longueur de la vidéo. On peut certes pondérer en s’intéressant au nombre de minutes de vidéos créées, mais que de complexité.

J’entends aussi parfois parler de pourcentage de digitalisation d’un cursus ? Est-ce que l’on parle des pourcentages de ressources digitalisées ?  Du nombre d’heures qui auraient été digitalisées ?  Cela implique d’avoir une assez bonne compréhension de l’ensemble des ressources contenues dans un cours, ou du déroulé d’un cours heure par heure. L’intérêt est à mon sens de se tenir à un indicateur, et de suivre des évolutions au fil des années. On pourra ainsi visualiser la manière dont un.e enseignant.e ou un département transforme ses cours au fil des ans. Un esprit de suivi qui fait souvent défaut dans le domaine du numérique. Je propose quelques visualisations dans la vidéo.

On peut même envisager de « zoomer » sur la manière dont une séquence pédagogique en particulier a évoluer pour regarder comment, année après année, les parties du cours qui évoluent  et qui se digitalisent grâce à l’action d’enseignants avec l’assistance ou non d’ingénieurs pédagogiques. Bien sûr, cela implique de savoir exactement, vu que le digital est un peu omniprésent, ce qu’on définit par ressource  non digitalisée et ce qui est une ressource digitalisée. Vaste programme. Mais une fois que cet obstacle est franchi, les résultats peuvent être intéressants au-delà du seul champ de la recherche.

En guise de conclusion, je voulais juste insister sur le fait que l’un des freins majeurs à la digitalisation, c’est que l’on a du mal à suivre l’investissement effectif des enseignants  pour mettre en place des rémunérations justes. Les choses se font un peu approximativement, et souvent le coût de digitalisation pour un enseignant est démesuré par rapport à ses autres activités d’enseignement ou de recherche, ce qui ne manque pas de décourager les plus téméraires, à plus forte raison si le retour sur investissement est discutable, d’où l’insistance que je vais avoir sur toutes ces questions de digitalisation et de suivi du processus de digitalisation.

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