Concevoir des banques d’exercices, une gageure, utile néanmoins

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’exercices autocorrectifs mobilisés par exemple dans une plateforme d’entraînement pour maintenir les étudiants selon une logique d’évaluation formative (ce n’est pas nécessairement noté). Comme beaucoup de collègues, je le donne ce type d’activité typiquement comme une forme de devoirs à la maison. Sur Datacamp par exemple.  La focale du billet est sur la terminologie associée à ces exercices de termes, comme distracteur, rétroactions, corrections, etc. Un bon point de départ pour réaliser le travail titanesque que vous aurez à faire si vous vous engagez dans cette voie de conception de banque d’exercices (et pourquoi du coup il est déconseillé de se lancer seul.e dans l’aventure). Je suis moins partant pour de la conception que de la consommation, mais à un moment il faut savoir concevoir, ne serait-ce que pour avoir des contenus en français (comme SOCLES / Faq2Sciences d’Unisciel), et pas seulement en anglais.

Commençons par parler typologie d’exercices. : le QCM, et le QCU, pour questions à choix multiple, et questions à choix unique. La différence entre les deux, c’est est ce qu’il y a une seule bonne réponse, ou plusieurs. Dans le cas de la réponse courte, il faut remplir un texte, un champ texte, et il faut que cela matche exactement avec un attendu, ou avec une petite marge d’erreur (typo, ou autre). Si vous allez sur Coursera, vous avez des certificats entiers qui sont basés exclusivement sur des QCM, et des réponses courtes, ce qui leur permet de certifier des dizaines de milliers de personnes à tout moment donné. Et ce même en informatique : vous soumettez votre code et vous avez des tests assez complexes, derrière qui sont réalisés automatiquement.

Maintenant, si vous voulez vous lancer dans la conception d’une banque d’exercices, vous aurez à concevoir une multitude d’éléments : les énoncés et les réponses bien sûr, mais vous aurez aussi à réfléchir à ce qu’on appelle les distracteurs,  les indices et les feedbacks, les rétroactions immédiates, etc. Les distracteurs, ce sont les « mauvaises réponses », dans un QCM. Il ne faut pas qu’il soit trop facile, sinon la bonne réponse apparaît trop facilement, et il n’y a pas pas de défi particulier, l’exercice a peu de valeur.

L’indice correspond, c’est transparent, à un marchepied pour arriver à la bonne réponse. Tout le monde n’en conçoit pas, mais c’est aussi un autre chantier à mener, potentiellement. Et si vous voulez pousser le vice jusqu’au bout, la conception des rétroactions (feedbacks), sur telle ou telle mauvaise réponse. J’ai eu nombre d’apprenants dans les MOOC, on leur dit que la réponse est mauvaise, on ne dit pas pourquoi, cela les frustre terriblement. D’un autre côté, c’est quasiment trois fois plus de travail de créer ce travail, de rédiger toutes ces rétroactions réponse par réponse, plutôt que de concevoir l’énoncé en lui-même, beaucoup plus facile en général. C’est plutôt l’explication des mauvaises réponses d’ailleurs, qui prend du temps en général.

Une fois que l’on a conçu la banque d’exercices, reste ensuite à la faire vivre, sur une plateforme, à suivre les usages, motiver les étudiants, etc. Mais ça c’est un autre sujet.

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