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Pierre Dubois

Elections à la CPU : questions !

16 décembre 2010 : élections à la CPU ! Celle-ci a modifié ses statuts de 2007 et son réglement intérieur (Brèves de séance du 18 novembre 2010). “Trois commissions changent de nom afin de s’adapter aux grands enjeux dont elles ont la charge : la CPU est donc à présent dotée d’une commission de la recherche et de l’innovation, d’une commission juridique et d’une commission de la formation et de l’insertion professionnelle“. Intéressant le changement de nom de cette dernière commission  ; elle s’appelait jusqu’ici “Commission de la pédagogie et de la formation continue” ; Daniel Filâtre en est le président actuel. Je suggère qu’un(e) président(e) un peu impertinent(e) pose deux questions simples aux candidats à la présidence de cette commission : “comment calculez-vous le taux de chômage” ? ”En matière d’erreur statistique, quelle est la différence entre une enquête sur échantillon et une enquête sur population exhaustive” ? Lire la chronique : “Des présidents et des chiffres“. 

Autre modification : “les conditions d’éligibilité au bureau de la CPU“. Dommage que le nom “bureau” n’ait pas été modifié. Il a des relents de “bureau politique” de type soviétique, même s’il est loin d’en avoir les pouvoirs ! Pourquoi ne pas avoir changé “bureau” par “présidence”, par “direction exécutive”, ou encore par “direction générale” ?

Egalement amusantes sont les nouvelles conditions d’éligibilité au “bureau”. “La CPU plénière élit en son sein, pour une durée de deux ans, un Bureau composé d’un Président et de deux Vice-présidents, dont au moins (1) deux présidents d’université, (2) un membre représentant un établissement d’Ile-de-France, (3) un membre représentant un établissement hors Ile-de-France”. 

Deux types de quotas donc. Ils évoquent plusieurs peurs. La peur des universités d’être supplantées progressivement par les Grands Etablissements (liste des GE). Ces derniers vont devenir plus nombreux car des universités fusionnées vont adopter le statut de GE, alors que le nombre d’universités, suite aux fusions, ne dépassera pas, selon moi, les 15-20 dans les 10 années qui viennent. Il y aurait alors plus de Grands établissements que d’Universités !

Second quota : la représentation dans le bureau d’au moins un membre appartenant à l’Ile-de-France. Peur de la perte de centralité de la région francilienne. Ce quota est détestable et méprisant pour toutes les autres régions. Pourquoi l’Ile-de-France aurait-elle au moins 1 siège sur 3 au Bureau alors qu’elle est loin de représenter un tiers des membres de la Conférence (liste des établissements d’ile-de-France) ?

Pourquoi d’ailleurs deux quotas seulement ? Je suggère : “au moins une femme” pour assurer une meilleure parité (combien de femmes présidentes actuellement ? mais combien de femmes vice-présidentes de CEVU ?), ”au moins un quadra” pour permettre un changement de générations (cela ferait plaisir à Valérie Pécresse, la “réparatrice des dégâts de 1968″), au moins “un pro-LRU et RCE” et bien sûr “un anti-LRU et RCE“, et, pour être exemplaire dans la lutte contre les discriminations, au moins un “président français d’origine étrangère“… Quand on commence à inventer des quotas, il n’y a pas de raisons de s’arrêter !

Et enfin, n’étant pas parvenu à dénicher les statuts de la CPU, un point reste totalement obscur pour moi : celui du collège électoral. Tous les membres de la Conférence – ils constituent l’assemblée plénière – participent-ils à l’élection des membres du bureau, des présidents de commission et du conseil d’administration (CP2U) ou seulement une partie d’entre eux ? Les membres associés ont-ils le droit de vote ? Pourquoi cette question ? Si tous votent, c’est vouloir dégoûter les présidents dont les universités sont en train de fusionner. Strasbourg, déjà unifiée, n’aurait qu’une voix (dur, dur ppour Alain Beretz !), alors que la Lorraine en aurait 5 aujourd’hui (les 3 universités, l’INPL et le PRES Université de Lorraine) et seulement 1 dans deux ans (quand la fusion aura été opérée).

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