Richard Descoings, né en 1958, énarque devenu Conseiller d’Etat, est administrateur de la Fondation Nationale de Sciences Politiques (FNSP, fondation de droit privé), et directeur de Sciences Po Paris depuis 1996 (4ème mandat). Sciences Po est membre du PRES Sorbonne Paris Cité (établissement public) et Richard Descoings a animé le comité de pilotage pour répondre au 2ème appel à projets IDEX (la candidature du PRES a franchi une première étape : il fait partie des pré-sélectionnés). Richard Descoing joue trop habilement de la double appartenance de Sciences Po : grand établissement public quand ça l’arrange ; grand établissement privé quand ça l’arrange. C’en est devenu insupportable !
L’initiative de Richard Descoings d’accueillir à Sciences Po de jeunes lycéens d’origine populaire m’était plutôt sympathique (un bilan). Plusieurs années ont passé. Le personnage m’est aujourd’hui antipathique. Ses initiatives me révoltent chaque jour davantage. L’annonce en grande pompe d’une réforme du concours d’entrée à Sciences Po, pour la rentrée… 2013, m’a agacé. Pourquoi les médias ont-ils besoin de relayer une information somme toute banale ? Tous les responsables universitaires d’une formation sélective (DUT, licence pro, master, doctorat) ne procèdent-ils pas à une sélection sur dossiers et entretiens ? Ils ne font pas pour autant La Une des médias !
L’enquête de Médiapart, reproduite par Sauvons l’université, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je suis sûr que ma révulsion, à la lecture des rémunérations et des bonus d’une partie des cadres et des enseignants de Sciences Po, sera partagée par un grand nombre. Grand établissement public, financé largement par l’Etat et les collectivités territoriales (près de 60% de ses ressources), Sciences Po verse des rémunérations à ses dirigeants, enviables par bien des cadres du privé. Grand établissement privé, Sciences Po pratique des droits d’inscription, enviables par bien des écoles supérieures privées. Public et privé, le beurre et l’argent du beurre.
Mon jugement sur Richard Descoings a commencé à changer quand j’ai ouvert ce blog et l’ai vu, entendu et photographié début 2099 au lycée Roosevelt à Reims ; il y faisait son premier déplacement dans le cadre de sa mission sur la réforme du lycée. Mission d’intérêt public ou mission d’intérêt privé pour Sciences Po ? J’ai trouvé et je trouve scandaleux que Richard Descoings ait réussi à ouvrir un campus du Collège universitaire de Sciences Po à Reims avec l’appui financier des collectivités territoriales.
Sept campus en province pour approvisionner Sciences Po Paris. A quel droit se réfère cette toile tissée sans vergogne ? Imagine-t-on les universités de Strasbourg, d’Aix-Marseille, de Lorraine, les trois premières universités réunifiées, implanter des campus de 1er cycle à Paris, à Rennes, à Lille, à Bordeaux, à Lyon, à Toulouse, à Montpellier… Une vingtaine de chroniques du blog sur Richard Descoings et Sciences Po, dont “Sciences Po à Reims, non !“.
Agacement également contre les fort peu rigoureuses enquêtes sur le devenir professionnel des diplômés de Sciences Po. Coups de pub et coups de com incessants. Instrumentalisation des médias. Quand cela va-t-il s’arrêter ? Un petit espoir pour remettre en cause ce mélange public-privé : la Cour des Comptes est à Sciences Po pour y auditer les comptes.
Peut-on attendre une prise de position de la CPU et de son président Louis Vogel, une stigmatisation des comportements de Sciences Po et de son directeur ? Je suis presque sûr que Louis Vogel y serait personnellement favorable, tant la concurrence que Sciences Po fait à son établissement, Paris 2 Panthéon Assas, se fait à armes fort inégales.