Éducation et innovation en direct de l'Asie

Archives de mots clés: éducation

iMaginez un enseignement sans cours, learning by doing

La pédagogie appelée « learning by doing » consiste à placer les étudiants dans une situation d’apprentissage par la pratique. A l’opposé de l’enseignement « classique » où le sachant – le Professeur, l’enseignant – développe un certain nombre de théories accompagnées d’illustrations et de démonstrations dans le but que l’apprenant – l’élève, l’étudiant, le participant – puisse acquérir un savoir, le learning by doing s’appuie avant tout sur les expériences de ces derniers. Cet apprentissage est très exigeant pour ceux qui l’expérimentent car s’il donne une grande autonomie, s’il casse les murs de la salle de cours et s’il redistribue la relation sachant-apprenant ; dans le même temps il met l’étudiant dons une position où il doit assumer ses responsabilités, priorités, décisions, mises en œuvre. Cette méthode a été initiée pour les nouveaux étudiants du programme Grande Ecole à l’ESSEC Business School sur son campus de Singapour. Appliquée auprès d’étudiants « Admis sur titres », c’est à dire déjà diplômés – généralement d’un master (ingénieur, université en France ou à l’étranger) -, ces derniers se sont retrouvés dès le deuxième jour de leur nouvelle scolarité confrontés à des cas réels d’organisations sans avoir reçu la moindre heure de cours. Ce groupe de 25 étudiants répartis en… Savoir plus >

iMaginons apprendre tout au long de notre vie

Singapour aime beaucoup les « festivals », c’est le terme consacré pour n’importe quel événement régulier qui se produit dans la ville-état : il existe le Mid-Autumn Festival, le Fringe Festival, le Night Festival, le River Festival, le Garden Festival, le FinTech Festival, ou encore le Food Festival, etc. La deuxième quinzaine de novembre n’échappe pas à cette habitude avec le « Life Learning Festival ». Comme son nom l’indique il s’agit de mettre à l’honneur l’apprentissage, l’acquisition de connaissances tout au long de sa vie. Organisé par un grand nombre d’institutions académiques, les activités se concentrent autour de conférences, ateliers et coaching individuel pour aider tout habitant de Singapour qui voudrait se développer et acquérir de nouveaux savoirs. Le message officiel est clair, l’objectif est de : « développer ensemble une culture de l’apprentissage tout au long de sa vie pour développer ses compétences avec passion et pour tout un chacun afin de conduire Singapour dans une nouvelle phase de développement pour demeurer une économie de pointe et une société inclusive ». Le Festival propose un grand nombre d’activités dans des domaines variés tel que l’art : « aquarelle painting, asian culinary, chinese Calligraphy » » » ; la gestion du quotidien : financial literacy, wellness of your child, parenting, baking cookies ; le… Savoir plus >

iMaginons repenser le rôle de la peine capitale

« Je n’ai jamais cru ceux qui prônent la manière douce en matière de délit et de châtiment, prétendant que ce n’est pas la punition qui réduira le nombre de délits. » Phrase terrible du fondateur de Singapour Lee Kuan Yew au sujet de la peine de mort appliquée dans la cité-état. Et si en termes d’éducation, d’innovation, de santé, ou de bien-être, Singapour se hisse souvent à la première place, elle est tristement aussi dans le haut du tableau des pays qui prononcent le plus souvent la peine capitale et ce pour des délits souvent sont liés au trafic de drogue. C’est dans ce contexte que deux nouveaux individus, un nigérien de 38 ans et un malais de 31 ans ont été pendus à Singapour mi-novembre, condamnés pour avoir en leur possession près de trois kilos de cannabis – la condamnation à mort peut être prononcée dès 500 grammes -. Singapour se défend de la pratique tout d’abord en expliquant que c’est le gouvernement britannique qui pendant la colonisation l’a mise en place et qu’en effet ils ne l’ont pas abrogée lorsqu’ils ont acquis leur indépendance. Et s’il n’est pas prévu que cette sanction soit remise en cause c’est parce que… Savoir plus >

iMaginez une école kaléidoscope !

Nanyang Primary School est une école qui veille à préserver la culture locale, en l’occurrence chinoise tout en accompagnant les jeunes élèves vers les enjeux d’une culture globale, internationale. Pour se faire, l’école propose d’aborder l’éducation de manière holistique en ne s’arrêtant pas simplement aux critères d’excellence académique mais également de veiller à l’excellence dans le comportement, dans les valeurs morales à transmettre, afin de développer les enfants à penser de manière éthique. Ainsi l’encadrement des écoliers est pris en charge par tout un écosystème au sein de l’établissement, une « plateforme » selon les mots de l’institution, où se retrouvent : partage et échange de savoirs, encouragements permanents par tout un chacun dans le but d’aider à ce que tous réussissent leur propre parcours. Autrement dit c’est l’ensemble de l’établissement qui est en quête de la réussite des petits apprenants. Le maître mot pour décrire cette école est « kaléidoscope » : différents types de populations et professionnels  entourent l’enfant, cultures nombreuses et variées d’ici mais également des quatre coins de la planète auxquelles les écoliers sont confrontés régulièrement. Dans ce kaléidoscope, les parents ont leur rôle à jouer. L’école insiste dans sa « philosophie » pour expliquer que l’éducation commence avant tout à la maison et… Savoir plus >

iMaginons un enseignement plus qualitatif que quantitatif : le virage de Singapour

  Sans ressource naturelle, sans compétence dans un secteur d’activité particulier et avec une taille ne permettant pas le développement d’infrastructures manufacturières, Singapour s’est développé sur le seul élément qui était à sa disposition : la production intellectuelle. La conséquence de ce positionnement, presque par défaut à la création de Singapour, est l’obsession de la réussite scolaire. L’enseignement dans la cité-état est réputé l’un des plus performants au monde et des plus stricts, Singapour a d’ailleurs remporté à de nombreuses reprises le championnat international de mathématiques et de sciences (à l’échelle du pays c’est plus qu’un exploit). Notons que « la méthode Singapour » pour l’enseignement des mathématiques est internationalement reconnue. Ce désir de performance scolaire se lit dès la pre-school où en plus de l’apprentissage de la langue maternelle les petits écoliers âgés de 3 ans doivent acquérir l’usage de l’anglais. Il arrive parfois qu’ils commencent même une troisième langue, le mandarin, quand la langue maternelle n’est pas celle-ci. A l’issue de la primary school – l’équivalent du collège – les élèves ont leur premier examen, le Primary School Leaving Examination (PSLE) où doivent être évaluées les compétences dans plusieurs disciplines comme les mathématiques, les langues et les sciences. Cet examen est… Savoir plus >

iMaginons un gouvernement pour qui l’enseignement par la réalité virtuelle est une priorité

Ce n’est pas une surprise que d’apprendre que Singapour souhaite devenir le héraut mondial de l’économie digitale et l’annonce de la fusion ces derniers jours entre les deux entités d’état que sont « le département de l’information et la communication » d’une part et « le département média » de l’autre ne fait que renforcer cette ambition. La réalité virtuelle fait partie des premières annonces de ce nouveau bureau « Info-communications Media Development Authority » (IMDA). Si celle-ci revêt une importance capitale c’est parce que selon eux cette même technologie est porteuse de bénéfices pour un très grand nombre de domaines et prioritairement celui de l’enseignement. Que ce soit pour des études en sciences sociales, médecine, architecture, management et autres disciplines comme la physique ou la chimie, la réalité virtuelle est en effet systématiquement pertinente. Cela n’a rien de bien étonnant et si nous avons une tendance naturelle à regarder cette technologie comme réservée aux geeks et autres écoles d’ingénieur c’est bien à tort. Il n’y a pas de domaines exclusifs destinés à la réalité virtuelle. Grâce à elle les études anthropologiques deviennent possibles sans intrusion massive chez les populations étudiées, l’exploration de l’atome devient un acte quotidien, la projection d’une construction future est accessible à moindre… Savoir plus >

Investir dans les start-ups et universités à Singapour, Mercedes et Bolloré deux exemples opposés

Deux acteurs de la mobilité de demain sont en train d’investir de manière majeure à Singapour, d’un côté un français, le groupe Bolloré qui a annoncé tout récemment qu’il avait remporté un appel d’offre pour installer sa solution d’autopartage électrique et d’un autre côté Mercedes-Benz qui décide d’implanter son pool d’accélérateur de start-ups dans la Cité-état. L’objectif pour le constructeur allemand est d’accompagner les start-ups locales dans leurs développements, convaincu que parmi elles, une pépite travaillant sur la voiture intelligente leur permettra d’obtenir un avantage compétitif. Pour le groupe français si l’enjeu est évidemment d’installer ses BlueCars à l’instar de ce qui se fait maintenant à Paris comme en province, en Europe comme aux Etats-Unis, ses ambitions ne diffèrent pas tant de son « concurrent » outre-rhin. Le groupe affirme en effet vouloir ouvrir un centre de recherche et développement et un centre d’innovation pour créer, tester et mettre en œuvre tout type d’innovation technologique dans le domaine de la mobilité. Néanmoins, une différence non négligeable est à souligner. L’implantation pour Mercedes-Benz se fait en partenariat stratégique avec la National University of Singapore (NUS). Car l’enjeu pour le groupe allemand est d’aider ces entreprises en offrant un accompagnement non seulement financier –… Savoir plus >

Le Prof qui valait un million de dollars… de salaire.

Antony Folk est un Professeur d’économie des plus ordinaires à Singapour, il est titulaire d’un Bachelor à Nanyang Technological University et d’un Master à Monash University en Australie. Il enseigne dans une école publique tout à fait classique quand au bout de quatre ans il se rend compte de la popularité de ses cours. Ceux-ci sont si appréciés que ses élèves lui en demandent encore et toujours plus et que les parents commencent à réclamer des cours particuliers. Il décide alors de quitter l’enseignement classique pour fonder sa propre école (entreprise ?), JC Economics où chaque élève doit alors débourser environ 500$ par mois pour assister à ses cours (http://anthonyfok.com). La demande dépasse largement la petite quarantaine de places initialement prévues et la surenchère ne se pas faite attendre dans un pays où les parents sont prêts à débourser jusqu’à 30 000$ pour obtenir une place face à Mr Folk. En fin stratège ce dernier veille bien à ne pas ouvrir de classes en plus ni à déléguer certains cours, il préfère les assurer tous lui-même, la surenchère n’est pas prête de s’arrêter… Si Anthony Fok est un pionnier dans cet enseignement d’élite, il n’est plus le seul, Janice Chuah a… Savoir plus >

Singapour célèbre ses enseignants… avec des donuts ?!

Comme dans un grand nombre de pays dans le monde Singapour « fête ses enseignants ». Du mug au tapis de souris, du t-shirt à la gourde en plastique estampillée « Happy teacher’s day ! », il ne peut échapper ni aux élèves, ni aux enseignants que la première semaine de septembre est consacrée à ce moment de célébration entre les maîtres et les disciples. Si vraiment quelqu’un n’est pas au courant, la promotion Krispy Kreme est là pour le rappeler, en effet pendant toute la période du « Teacher Day » vous pouvez obtenir jusqu’à 6 donuts gratuits ! Si l’événement peut paraître désuet ou risible le symbole qu’il dégage n’est cependant pas innocent. Il a pour but pendant une journée de rappeler aux des élèves et étudiants, parents et non-parents le rôle fondamental des éducateurs, professeurs et pédagogues dans le développement aussi bien social et économique que moral du pays. Pour certains d’ailleurs la journée n’est pas travaillé, insistant en creux sur l’importance des lieux de savoirs qui fermés ne se diffusent plus, n’existent plus, et disparaissent. Une nouvelle fois le respect dans l’environnement éducatif est souligné et considéré comme sacré. Après l’uniforme obligatoire (cf le précédent billet) visant à gommer inégalités et à discipliner l’organisation… Savoir plus >

« Toutes les écoles sont de bonnes écoles »

devise du Ministère de l’éducation de Singapour. Deux événements tout à fait anodins ouvrent ce blog dont les réflexions porteront autant sur l’éducation et l’innovation pédagogique que sur l’innovation de manière plus générale dans la zone Asie Pacifique. La rentrée dans les écoles singapouriennes ayant eu lieu depuis mi-août, tous les matins se sont des hordes de petits écoliers qui parcourent les rues, les métros, les bus arborant fièrement leurs uniformes – obligatoires -. Si cela n’a rien d’extraordinaire puisque dans de très nombreux pays du monde les tenues obligatoires sont légions, cela reste surprenant vis à vis de la France où la liberté de tenues vestimentaires semble être un droit fondamental. Cependant la tenue n’est qu’un moyen, un symbole de ce qu’elle génère notamment l’égalité et la discipline. C’est pour gommer les différences sociales que la tenue est en effet imposée et elle permet autant la reconnaissance que la fierté, autant l’union que l’ordre. On peut se demander si l’uniforme n’est finalement pas le symptôme de l’esprit de Singapour qui se retrouvent dans les valeurs que sont la méritocratie, la discipline sociale, la laïcité.  Le projet éducatif de Lee Kuan Yew est d’ailleurs la réalisation sociale la plus importante… Savoir plus >