Je pose cette question à l’occasion du Forum de l’engagement solidaire que nous organisons, aujourd’hui, en partenariat avec Bioforce, centre de formation de référence aux métiers de la solidarité internationale. L’événement se déroule les 2, 3 et 4 novembre dans le cadre du Tour de France humanitaire et solidaire. La ville de Grenoble via sa maison de l’international s’associe également aux opérations.
Les étudiants veulent être maîtres de leur destin.
Un nombre grandissant d’entre eux souhaite s’orienter vers des formes d’entreprises de type associatives ou ONG, en cohérence avec leurs valeurs et leurs envies. Ils s’y préparent de plus en plus tôt, en témoigne le succès, à l’école, des associations humanitaires comme SOS (Savoir Oser la Solidarité), co-organisatrice du Forum solidaire, ou Dolce Vita, ancrée dans le développement durable. Ce sont des générations engagées.
Côté humanitaires.
Ils ont besoin de professionnaliser leur fonctionnement. Le temps des G.O. est révolu ! Levée de fonds, logistique, gestion prévisionnelle, lobbying font partie de leur vocabulaire quotidien. Pour nos étudiants, c’est également une bonne expérience, ainsi confrontés très tôt à la gestion de projets souvent complexes. Les responsables RH voient d’un bon œil ces profils, souvent débrouillards et dont l’employabilité est éprouvée.
Un monde de bisounours ?
Attention, les débouchés et les salaires n’ont rien à voir avec ceux des grandes entreprises ou des cabinets d’audit. Il s’agit d’un choix de vie. Et ce qui prévaut auprès des ONG, ce sont les compétences plus que l’engagement. On peut le regretter mais c’est un fait. Comme n’importe quel projet professionnel, il se construit. Un étudiant de l’école peut ainsi bâtir son cursus en trois temps :
- un parcours associatif d’un an pour gérer un projet ou le concevoir,
- une formation aux grandes questions géopolitiques, c’est ce que nous proposons à nos étudiants qui partent au Pérou ou au Bénin,
- participer au Forum de l’engagement solidaire/Bioforce pour entrer en relation avec les principaux employeurs et financeurs du secteur. Tester sa motivation.
Ni miroir aux alouettes, ni monde idéalisé, l’humanitaire comme le social constitue une forme d’entrepreneuriat à part entière, avec un objet spécifique. Comme dans une entreprise classique, il s’agit de vivre une aventure personnelle, de mobiliser ses salariés autour d’objectifs collectifs, et de bien marketer sa démarche pour développer son activité… Avec, cependant, un « plus » citoyen et responsable.