Le blog de Jean-François Fiorina

La fin des alumni ?

À la suite de cette conférence de Tom Robinson lors de l’AACSB ICAM 2018, au mois d’avril, je souhaite rebondir sur son titre un peu provocateur. Il reflète bien la réflexion que nous, B-schools, devons avoir et que je développerai lors de ma « battle » avec une représentante de Linkedin lors du colloque sur les alumni à la CGE le 5 juin ! La question mérite d’être posée si l’on s’en tient à la définition traditionnelle que nous donnons à un alumni.

C’est un ancien étudiant de l’école, bien évidemment diplômé, avec lequel nous partageons quelques bons (en majorité) souvenirs (et dans certains cas un peu moins bons mais cela reste marginal), qui nous donne de temps en temps des nouvelles de sa (forcément brillante) carrière et que nous donnons en exemple à nos nouveaux étudiants. Cette définition n’a plus lieu d’être car les écoles ont connu des bouleversements importants et la B-school de 2018 n’a plus rien à voir avec celle des années 1990/2000 (cf mes différents posts). De ce fait, la notion même d’alumni a radicalement changé.

  • Les portefeuilles des écoles se sont étoffés d’un grand nombre de programmes, diplômants, qualifiants ou certifiants.

De ce fait, cela devient plus compliqué de définir ce qu’est un alumni, d’autant que nous avons créé des campus à l’étranger – en propre ou en partenariat. Nos populations d’étudiants n’ont donc pas vécu la même expérience, et leur attachement à l’école n’est pas le même.

Comment définir une culture commune et une politique homogène et cohérente vis-à-vis de ces différentes populations ?

Nous avons aussi développé des doubles cursus permettant à nos étudiants d’obtenir des doubles diplômes auprès de différents établissements. Ils sont donc de facto alumnis de plusieurs établissements qui n’ont pas tous la même politique vis-à-vis de leurs diplômés. Se considèrent-ils plus alumni de GEM ou de l’autre établissement ?

  • La durée de vie professionnelle s’est également allongée (et cela ne va pas aller en s’améliorant !). On en arrive presque à un cycle de vie « alumni » dans lequel les attentes et besoins envers « l’alma mater » varie énormément, tout comme l’engagement des diplômés comme l’atteste le schéma suivant (merci Susan Nallet pour l’info).

Ce cycle de vie pose question sur le business-model de la relation alumni : on le voit bien dans ce schéma, il ne peut y avoir un modèle unique.

  • L’allongement de la vie professionnelle favorise également le suivi de formations complémentaires, dans le cadre du fameux « life long learning ». Nos diplômés vont suivre d’autres programmes de formation, généralement dans d’autres établissements car ils considèrent (souvent à tort) qu’ils n’apprendront rien de plus en revenant suivre des cours dans leur école d’origine.

A l’inverse, nous recevons des diplômés d’autres institutions qui viennent à GEM pour travailler sur leur employabilité. On en revient à la problématique évoquée, ci-dessus, à quel réseau d’alumni ces diplômés vont ils s’identifier ?

  • Les réseaux sociaux – en particulier Linkedin – modifient également profondément la relation. Plus besoin forcément d’annuaires des anciens et de toute façon, les anciens peuvent également se passer de « nous » pour rester en relation entre eux.

Du fait même de la diversité de nos populations étudiantes, chaque programme, promo, cours, tracks peut même constituer son propre groupe et créer sa propre relation avec ses propres règles rendant difficile la création d’une culture commune d’établissement et notre relation avec nos diplômés.

Un sacré challenge quand on sait que les alumnis sont l’un des actifs stratégiques d’une marque d’établissement ! Je vous propose de relire mon post Pas de grande marque sans les alumni qui complète cette réflexion par une série d’actions et de solutions possibles pour créer ce lien essentiel entre établissement et types d’alumnis.

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Commentaire (1)

  1. Susan Nallet

    Sans oublier les diplômés de la formation continue, les apprenants qui ont suivi nos Moocs et tous les apprenants à distance. Il faut de la créativité pour créer des « moments mémorables » pour chacun de ces populations et de l’agili Pour les suivre une fois l’enseignement terminé.
    Un seul dénominateur commun: une expérience étudiante réussie qui crée le socle de l’appartena Et le point de départ d’une relation durable.

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