L’usage de l’IA en formation : comment l’IA peut répondre aux besoins des apprenants en situation de handicap ? On en parle partout, on l’utilise parfois sans le savoir, mais comment l’intelligence artificielle générative (IAG) peut-elle vraiment transformer nos pratiques de formation, notamment pour les apprenants en situation de handicap ? C’est la question à laquelle j’ai essayer de répondre lors de cet entretien avec Ressource Handicap Formation Hauts-de-France.
Un outil qui personnalise l’apprentissage. Les IAG bouleversent la manière dont nous apprenons. Elles proposent à l’apprenant de nouveaux chemins. Concrètement, un élève ou un étudiant porteur de troubles DYS peut demander aux IAG de transformer un cours dense en schéma visuel. Un enseignant, un formateur peut, de son côté, retravailler un support pour le rendre plus accessible : extraire les idées clés, décomposer une information complexe en étapes simples. Les IAG permettent ainsi d’individualiser la transmission des connaissances pour un meilleur apprentissage. Autre avantage non négligeable : elles ne portent pas de jugement. Aussi l’apprenant peut gagner en confiance en osant leur demander ce qu’il veut, comme il veut et quand il veut.
Mais attention aux illusions. On peut quand même tempérer avec une image que j’aime bien, celle d’imaginer une IAG comme une personne extrêmement cultivée mais qui manque de clarté dans ses propos tout en faisant bon nombre d’erreurs. Le danger avec ces outils serait donc de céder à la crédulité : penser que tout ce qu’elles disent est vrai. Les IAG sont en réalité de fausses bonnes amies, programmées pour répondre à ceux qui les questionnent, peu importe la véracité de leur propos. Je pointe aussi un risque plus insidieux : la fausse empathie de l’IAG qui peut amener à croire qu’elle est capable d’écouter et de comprendre les difficultés vécues, au risque d’isoler socialement l’apprenant dans un monde virtuel. Sans oublier les biais : si une IAG a été peu exposée à certains profils, elle peut mal les reconnaître ou les comprendre, entraînant erreurs, omissions ou exclusions dans ses recommandations, ce qui est particulièrement problématique pour les personnes en situation de handicap.
L’enseignant, le formateur, reste irremplaçable. C’est le message central que j’ai voulu transmettre lors de cet entretien : l’utilisation d’une IAG doit être progressive, structurée et réfléchie. Le rôle du formateur évolue, mais ne disparaît pas. Il devient l’accompagnant qui aide l’apprenant à contextualiser ses besoins, rédiger de bons prompts, vérifier les sources et développer son esprit critique. Ainsi, le meilleur remède aux mauvais usages des IAG, c’est l’éducation !
Ce qui est bon pour le handicap est bon pour tous. Ma conclusion est à la fois optimiste et éclairante : ce que les IAG rendent accessible à des apprenants en situation de handicap, comme par exemple transformer un texte en podcast ou en vidéo, se révélera utile à l’ensemble des apprenants. Résoudre une difficulté liée à un handicap est finalement bénéfique à tous. En résumé, l’IAG est un levier puissant pour l’inclusion en formation, mais à condition de l’utiliser avec discernement, de former les formateurs comme les apprenants, et de ne jamais perdre de vue la dimension humaine de l’apprentissage.
C’est comme apprendre à conduire : il faut d’abord connaître le code !
